je suis con à toute saison,
je renifle, j’ai des polypes,
je dérive je navigue,
J’ai des parasites dans mon caleçon.
Je suis con, quand ça sent bon,
ça ne sert à rien de le dire,
il faut le voir pour le croire,
pourtant je fais attention.
Je ne fais rien de précis,
mais j’en dis de conneries,
et si un con est pratique,
je suis dans cette logique.
Je suis con comme le plâtre,
il ne faut pas m’abattre,
je peux toujours servir,
mais je n’ai pas un grand avenir.
Aussi con que FREDON,
sans le fardeau de l’anneau,
je fais des farces, le dindon,
tout cela derrière les fagots.
Je suis con à tâtons,
comme une contrefaçon,
comparez moi au premier de la classe,
et constatez le contraste.
Je suis con… bon bon bon,
vous commencez à le savoir,
pourquoi devoir falloir,
que je change de direction.
Tout n’est pas noir ni azur,
mais une chose me rassure,
on délivre des certificats,
à des millions de cons comme moi.
Tout le monde contre le mur,
C’est le hold-up de la culture.
Je pénètre dans la bibliothèque,
Une main en l’air, l’autre sur la gâchette,
J’avais tout prévu,
De l’essentiel au superflu.
La fuite en arrière,
à tout poser sur les étagères,
Mon visage s’éclaire,
De cette richesse littéraire.
Tout le monde contre le mur,
C’est le hold up de la culture.
L’écriture a des orgies,
Que seuls lisent les bandits,
Et comme une bête en cage,
Je chevauche tous les ouvrages.
J’oublie mes rêves du matin,
Je panique comme un bouquin,
Je me mets à genoux et je songe,
L’interrogation est-elle un mensonge?.
Tout le monde contre le mur,
C’est le hold up de la culture.
Hep! Vous mes seigneurs les prophètes,
Pourriez-vous faire une enquête,
Pourquoi la misère,
Sur notre vieille terre,
Ne rime t-elle pas,
Avec bonheur et joie,
Culture et amour.
Je propose une rançon,
Et j’abrége cette intrusion,
Je libère tous les écrits,
Qui sont dédiés à la vie.
Tout le monde contre le mur,
C’est le hold up de la culture.
Je garde tous les poèmes,
Et fuis sur une île lointaine,
Riche et de belle peau,
Ma Venise coule dans mes canaux.
Un ciel goût opium,
Un infini baiser au rhum,
Comme tous les anciens rêveurs,
Je me promène dans la lenteur.
Tout le monde fait demi-tour,
C’était juste mon écriture.
Je connais un petit nid
Au dessus d’un grand balcon
Fait de plumes et confettis
Il égaye la maison.
Je connais un petit nid
Où les parents des oisillons
Du matin jusqu’à midi
Viennent en procession
Nourrir leurs petits
Plus de pleurs, plus de cris
Moi dans ma cachette
Dans ma cabane secrète
Chut ! Ne le criez pas
Si vous ne me voyez pas
Surtout pas aux indiens
C’est aux cow-boys que j’appartiens
Mon pistolet tout en bois
Que j’ai fabriqué vous le prouvera
Mais j’ai aussi des flèches empoisonnées
À la confiture et à la gelée
Que j’ai volées à ma maman
Et que j’utilise contre les trafiquants
D’autocollants, bonbons, et cerfs-volants
C’était un beau marin,
Roi des océans et des mers,
Solitaire comme les grands requins,
Le reverrai-je un jour sur terre.
Des odeurs de patchouli,
Mélangées à celles de sa peau,
Traversent encore mon esprit,
Jusqu’à mille lieux sous l’eau.
Son plus grand amour HELENE
Un bateau coulé aux KERGUELENES,
Beaucoup d’or des conquistadors,
Et une fameuse île au trésor.
Des lointaines terres, d’un soleil si rouge,
Qui tue si on bouge.
La douceur des filles de BAHIA,
Mais avec lesquelles on ne plaisante pas.
C’était mon marin d’eau douce,
Peignait sa belle barbe rousse,
Dans sa pipe du tabac de CUBA,
Et une bague à chaque doigt.
Il est arrivé un matin de soleil,
Il est parti un soir de vent,
Oh! Dieu que par mauvais temps
La détresse n’a pas de pareil.
Ses baisers: le miel de sa bouche,
Que j’ai dégusté toute la nuit,
Pour mon marin d’eau douce,
Une autre abeille butinera sur lui.
Le jour va bientôt se lever,
La marée l’accompagner,
Une nuit de plus dans les bras,
D’un marin que je ne reverrai pas.
Et un beau matin j’ai appris,
Qu’on avait repêché ses habits,
Sa pipe, ses bagues son journal
Et sur lui mes initiales.
Àtous les absents,
Du plus grand,
Au moins connu,
À tous les disparus.
À ceux qui nous ont laissés.
Des pensées de liberté,
Des gestes de langages,
De tous temps, de tout âge.
Les noirs, les blancs,
D’Asie, du Moyen Orient,
D’Afrique aux Amériques,
De L’Arctique à l ‘Antarctique.
Les grandioses pyramides,
Aux écrits de la Bible,
Du vaccin de la rage,
À l’abolition de l’esclavage.
À ceux qui ont combattu,
À ceux qui ont cru,
Dans un avenir certain,
Des espèces et l’être humain.
Aux dieux de l’antique Grèce,
Aux anciens rois de la sagesse
À ceux qui ont cherché,
À ceux qui ont trouvé.
À ces marins couleur ambrée,
Remplis d’envies d’or et d'argent,
Amoureux, naufragés, tombés,
Dans les bras des mers d’océans.
À ceux que je ne connais pas,
Qui ont écumé, qui ont craché,
Sur les tombes, et les lois,
Qu’on a traînés par les pieds.
À tous ceux qui n’ont pas bougé,
Qui n’ont pas émis un murmure,
Quand ont est venus les chercher,
Pour les fusiller contre un mur.
À tous les détenteurs, et utilisateurs,
D’une arme, fatale, libertaire,
Qu’ils ont cachée pour l’honneur,
Qui bavarde dans leur chair.
À ceux dont les idées sont bandées,
Pour ne pas qu’ils crient le jour,
Retenus contre leur gré,
Et qu’on ne libère pas toujours.
À vous tous je dédie,
Mon cœur au zénith et à la ronde,
Une pensée, même d’une seconde,
De ma putain de vie.
Je suis au milieu des miennes,
Dans un paquet bien à l’abri,
Nous sommes toutes les mêmes,
C’est moi que tu as choisie.
Si par bonheur tu me touches,
Tu m’approches de ta bouche,
Tu me mordilles du bout des lèvres,
Je vais te donner la fièvre.
Déguste moi avec volupté,
Avale moi de tout ton ventre,
J’irai dans toutes tes fentes,
Et à la fin dans ton cendrier.
Allume-moi avec une allumette,
Dés que ma fumée te pénètre,
Tu as le droit de tousser,
Si par hasard tu m’as roulée.
Je vois toutes tes faiblesses,
Tes besoins m’intéressent,
Toutes tes aspirations,
Sont pour moi des inspirations.
Tu as choisi de vivre ici,
Avec tes paradis,
Et comme il te faut un enfer,
C’est moi que tu préfères.
Tu peux me chasser de toi,
Mais ma sœur nicotine,
Se collera à ta poitrine,
Jusqu’à la prochaine fois.
Que vas tu faire de moi?
Trouveras tu la foi,
Contre le poids de la mort,
Ou seras tu un point
mort?
J’ai pris,
Le train de l’amour,
Et descendu à la première gare,
Il n’était pas de bon discours,
Je n’étais pas trop bavard.
J’ai pris,
Le train de l’enfer,
Je me souviens c’était l’hiver,
Il a déraillé dans un virage,
Depuis je ne connais plus mon âge.
J’ai pris,
Le train du pouvoir,
Je n’ai pas pu m’asseoir,
Les wagons étaient complets,
De détournements d’argent, et procès.
J’ai pris,
Le train qui cache un autre,
Pour traverser les frontières,
Comme ce n’est jamais le vôtre,
Je suis resté derrière la barrière.
J’ai pris,
Tous les trains-trains,
Chaque soir, chaque matin,
Pour arriver nulle part,
Avec des années de retard.
De tous les trains que j’ai pris,
Un seul allait au paradis,
Les Anges m’ont déclaré la guerre,
Depuis je suis cloué sur terre.
Et tous les trains de la mort,
Qui filent dans le brouillard,
Dans lesquels existe l’espoir,
Qu’on n’arrête jamais à l’heure.
Le train fantôme qui traverse la zone,
Le train de la peur qui roule à toute vapeur,
Le train de vie qui explose toutes les nuits,
Le dernier train que je prendrai demain.
VASCO DE GAMA et moi étions des capitaines,
Nourris par le même océan de rêves et bas de laine,
Des hold up d’olives noires en passant au marché,
Et les yeux des filles quand elles devaient les baisser.
A force de contempler les vagues,
Qui fuient, voûtées sous l’horizon,
Je me souviens de ce que je narrais à l’alcade,
Le jour de notre procession.
Misère pour misère je m’engage,
Cheveux longs et gris au vent,
Les héros ignorent l’abordage,
Notre seigneur et roi honore le chavirement.
Quand la mer secrète est lisse et de bleu vêtue,
Notre flotte fonce vers des tempêtes imprévues,
Les vents alizés étalent des passés sans fortune,
Saluant les hautes terres aux épaisses brumes.
Aujourd’hui dimanche sur une île inconnue,
On se nourrit de singe bavard au long cou,
Souvent on s’arrose d’énormes frayeurs,
Juste pour oublier notre violente soif d’or.
Flottent sur l’eau des jeunes branches dissonnantes,
C’est un cap de chance ou de bonne espérance,
Pourquoi la révolte n’a pas de remède,
pourquoi les haines du monde sentent l’apartheid.
Terre, terre, terre, cria le vieux borgne,
Du haut du mat de la cathédrale marine,
Des princes, des rois et peut être des dieux,
tirent de leur royaume des richesses qui illuminent.
Un jour je serai célèbre comme le grand ALEXANDRE,
On dira peut être il a découvert la route des INDES,
J’embarquerai sur une caravelle d’or et d’argent,
Et je m’envolerai comme les découvreurs, au firmament.
Tu penses à quoi?,
à toi?, à moi?,
au silence d’un soupir,
une porte qui va s’ouvrir,
au départ d’un amour,
et son compte à rebours.
Tu penses à quoi?,
à ses mains sur toi,
aux caresses qui viennent avec,
sur ton corps, dans ta tête,
que tu voudras retenir,
car elles te font gémir.
Tu penses à quoi?,
à ce vide que tu as,
à toutes tes confusions,
et ta libération?,
à ton passé pas si simple,
au futur et ses rampes.
Tu penses à quoi?,
quand tu te bats,
à ces réactionnaires,
à ces révolutionnaires,
à tous les bonsoirs,
à tous les au revoirs.
Tu penses à quoi?,
quand tu n’es pas là,
à ta récente succession,
à tes anciennes liaisons,
à tes années folles,
à mes belles paroles.
Tu penses à quoi?,
dans ce brouhaha,
à la foi que tu possèdes,
au diable et son aide,
à ces yeux sur les murs,
et leurs regards qui t’entourent.
Tu penses à quoi?,
quand tu ne rêves pas,
à tes désirs, à tes plaisirs,
est-ce que tu sais t’en servir,
face à l’ordinateur,
on découvre des trésors.
Tu penses à quoi?,
debout dans ton sofa,
à un cul qui se lève,
à l’épaisseur d’un glaive,
à un vers d’Apollinaire,
que tu bois et tu lances en l’air.
Mais à force de penser,
dis, tu penses à quoi?,
moi? à rien…pourquoi!!